
Vendredi 28 mars, Jazzy Bazz sortait “Nirvana”, un disque où le rappeur parisien affine encore son écriture, portée par des productions éthérées et des beats incisifs. Mais, surtout, un projet où il endosse pour la première fois la casquette de producteur.
Dès l’introduction, le ton est donné. Un sample d’Aphex Twin, tiré de Selected Ambient Works II, ouvre l’album et pose l’ambiance : l’heure est à la réflexion. Si l’influence atmosphérique n’est pas une surprise (déjà au cœur de Memoria, son album de 2022), l’univers sonore du rappeur du XIXe arrondissement prend une nouvelle dimension, plus personnelle.
Jazzy Bazz a co-produit l’ensemble des morceaux de Nirvana, épaulé par le producteur Nu Tone, comme il l’a expliqué depuis son compte Instagram. Il endosse ce nouveau rôle avec brio, pour créer un album ponctué de petits clins d’œil – on se réjouit de la présence de samples du pianiste américain Bill Evans (1929-1980) ou de la légende mexicaine Armando Manzanero (1934-2020).
Un spleen lucide, entre désillusion et espoir ténu
Mais Nirvana ne se limite pas à une performance technique. C’est aussi un voyage introspectif, une plongée dans l’âme d’un MC en quête de sens, confronté à un monde qu’il observe avec un mélange de lucidité, de cynisme et de mélancolie. Industrie, famille, injustice, tout y passe. Le titre éponyme en est la parfaite illustration : une rage contenue, un dégoût du monde sublimé par un sample du thème de Porco Rosso signé Joe Hisaishi, lourd de sens. Ce spleen irrigue tout le disque, bien qu’une lueur d’espoir persiste en filigrane.
“Tu seras la renaissance de l’innocence perdue”, glisse-t-il dans l’outro Souviens-toi. Comme si, après avoir dressé un constat implacable, il plaçait ses espoirs dans la génération suivante, lui dont l’âme semble condamnée à une rancœur irréversible.
Un effectif réduit
Dans cette quête d’authenticité, même le casting se fait plus sobre. Exit les mastodontes Alpha Wann ou Nekfeu, omniprésents sur ses projets passés. Même EDGE, son fidèle acolyte, est lui aussi absent. Restent Tuerie et une résurgence du duo Cool Connexion, qu’il formait avec Esso Luxueux. Un choix cohérent : Nirvana est une œuvre plus resserrée, plus intime.
Avec ce disque, Jazzy Bazz franchit une nouvelle étape. Un album où chaque mot, chaque production, chaque silence semble répondre à une nécessité intérieure. Une recherche de vérité dans un monde qui, lui, n’en a plus beaucoup.
À lire également
La chronique a été générée aussi sérieusement que possible. Dans la mesure où vous désirez mettre à disposition des renseignements supplémentaires à cet article sur le sujet « Festival Jazz » vous pouvez utiliser les contacts affichés sur notre site web. Le but de jazzmezencjazz.com est de débattre de Festival Jazz dans la transparence en vous donnant la visibilité de tout ce qui est mis en ligne sur ce thème sur le net Cet article, qui traite du thème « Festival Jazz », vous est volontairement proposé par jazzmezencjazz.com. Connectez-vous sur notre site internet jazzmezencjazz.com et nos réseaux sociaux pour être informé des prochaines publications.


