Fontainebleau : Yuri Buenaventura, la salsa à la sauce jazzy au festival Django Reinhardt

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Le nouvel album de Yuri Buenaventura est une création inédite pour le festival Django Reinhardt. ©DR

C’est l’histoire d’une rencontre et d’une création exclusive pour le festival Django Reinhardt. Une collaboration musicale entre  les rythmes latinos de Yuri Buenaventura et du pianiste cubain Roberto Fonseca, ancien directeur musical du Buena Vista Social ClubHistoria De Un Amor, est composé de boléros et de ballades cubaines.  A découvrir sur la scène du festival Django Reinhardt, samedi 24 juin.

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Quel lien y a t-il entre la salsa et le jazz ?

La salsa est née à New-York. Elle est composée de plusieurs éléments, dont le tambour africain. Dans le jazz des Etats-Unis, il n’y a pas de tambour parce que le maître esclavagiste est anglo-saxon et qu’il interdit à l’homme noir l’utilisation du tambour. Mais les esclavagistes d’origine méditerranéenne, les Portugais, les Espagnols, les Français ont permis la présence du tambour aux Antilles, au Panama, en Colombie, au Venezuela, au Brésil, à Cuba. Cette pression du tambour disparaît peu à peu du jazz. Ensuite, les harmonies des noirs des Etats-Unis se mélangent avec des harmonies anglo-saxonnes et les harmonies hispaniques et andalouses. On mélange alors le piano avec la contrebasse, les cuivres, etc. Puis, vient s’ajouter une rythmique de contrebasse de la France d’Haïti. Tout ça émigre à New-York, va émerger dans les quartiers noirs et rencontre le jazz. Un genre de musique est né : le latin-jazz, spécifique de la Grosse Pomme, une musique contestataire, un peu jazzy qui va devenir la salsa.

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On a du mal aujourd’hui à imaginer une salsa politique. On la connaît plutôt entraînante et joyeuse….

En effet, on ne se rend pas compte à quel point la salsa est une musique riche, savante, populaire, vivante et très forte. Dans les années 70, la salsa s’est tropicalisée car elle devenait dangereuse comme expression politique et comme musique fédératrice panaméricaine, elle unissait de Mexico jusqu’au Chili. La salsa a été traitée à Miami d’une façon plus commerciale et a implosé en route. A l’époque des Black Panthers, elle était très dangereuse alors on a commencé à l’associer à un cocktail d’ananas, de coca américain et de rhum….

Quelles valeurs véhicule la salsa aujourd’hui ?

La salsa doit véhiculer l’exorcisation de tous les malheurs par la danse, par l’expression et l’exaltation de la vie mais sans perdre de vue les réalités sociales que l’on vit en Amérique latine. Comme on dit, ce n’est pas le Pérou !

Votre dernier album intitulé Historia de amor, lui, parle d’amour. Mais de quel amour s’agit-il ?

Cet album de boléros est dédié à Carole Chrétiennot, ma bienaimée française. Elle ne comprenait pas que je passe mes nuits au studio. Elle est dans la littérature ( Carole Chrétiennot a cofondé le prix littéraire Prix de Flore, avec Frédéric Beigbeder et le Prix de la Closerie des Lilas, notamment, ndlr), elle n’est pas dans la musique. Alors, je l’ai invitée à venir produire cet album avec moi à Paris. 

On peut aussi parler de votre coup de foudre pour la France. Qu’est-ce qui vous attire dans la culture française ?

On a tendance à croire que la culture se résume aux livres, à la musique, à la peinture… Ce sont seulement des expressions de la culture. La culture, c’est le peuple, ce sont les êtres humains, c’est la République et ses valeurs. La France, je l’ai beaucoup côtoyée. J’ai fait la manche dans le métro lorsque j’ai été étudiant à Paris. Je chantais contre une pièce de monnaie. A l’époque, on était aux francs. Et je voyais dans le portrait de la Marianne sur les pièces, je regardais cette femme, elle avait l’air solidaire, elle était tendre et m’apaisait. Pas parce qu’elle était une pièce de monnaie (rires) mais par ce qu’elle représentait. Liberté, égalité, fraternité ne sont pas que des mots. Ce coup de foudre vient de cet espace que la France m’a offert. Je n’ai pas la naturalisation française mais je vais me pencher sur le dossier. Je veux défendre les richesses de la culture, de sa diversité française qui a fait une place à la musique latine.

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Votre album a été réalisé en une seule prise, dans la pure tradition des performeurs des années 50. Pourquoi avez-vous souhaité renouer avec cette tradition ?

Je voulais montrer à ma bienaimée comment se faisait la musique. Il fallait faire les choses bien pour qu’elle voie le piano, la contrebasse, la batterie… Pour qu’elle ressente la musique. 

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Vous avez réalisé Historia de un amor avec le pianiste cubain Roberto Fonseca, ancien directeur musical du Buena Vista Social Club. Comment s’est passée votre rencontre ?

Par le biais d’un ami qui s’appelle Sébastien Vidal (le programmateur du festival Django Reinhardt, ndlr). Deux projets se sont alors rencontrés : celui de Roberto Fonseca et son orchestre et ma voix.  C’était il y a huit ans, au Duc des Lombards. On s’est rapidement mis d’accord pour réaliser un album plus jazzy autour d’un répertoire composé d’anciens boléros et de ballades cubaines. Dans Historia de un amor, le jazz flirte avec la musique de l’Amérique latine.

Vous avez été décoré par la République française de la médaille des arts et des lettres en 2014. En 2017, vous obtenez la médaille du grand mérite culturel de la République de Colombie avec le titre de Maestro. Que représentent ces distinctions pour vous ?

Je suis un musicien autodidacte alors avoir des titres comme ça, c’est doux. Ça prouve que je ne me suis pas trompé de route et ça m’encourage à continuer. Et puis recevoir cette médaille française par un pays si puissant en culture, en art et en lettres, c’est une grande reconnaissance du peuple français. J’en suis fier. Quand la nation donne un titre, c’est tout le peuple qui honore. Avec la France, je vis un amour mutuel. Quant à mon titre colombien, je suis heureux bien sûr mais je garde à l’esprit qu’en Colombie, il n’y a pratiquement pas d’enseignement de la musique. Si on n’offre pas l’espace aux gens, ils ne feront jamais rien. Il faut que les gens s’expriment.

Vous avez d’ailleurs crée votre propre maison de production et vous avez produit 120 albums pour des artistes qui émergent en Colombie…

J’ai, en effet, monté une fondation qui s’appelle Creas sonidos (crée tes propres sons, ndlr) avec la banque de Colombie qui m’aide à financer le projet avec le ministère de la Culture et une compagnie pétrolière. Les artistes de 30 départements sur les 32 que compte la Colombie se sont inscrits à notre projet, soit 3500 candidats. On a sélectionné 120 artistes. On leur produit un album, on inscrit la musique à la direction des droits d’auteurs qui les protège et on leur réalise le clip d’une des chansons de l’album. Chaque artiste bénéficie également d’une formation juridique sur les droits d’auteur avec la Sacem. 

Dansez-vous la salsa à Paris ?

J’adore danser ! Une fois, je venais d’un concert en Belgique. J’ai arrêté le bus de la tournée sur les quais de Seine en face de l’Institut du monde arabe. On a descendu tous les instruments et on a improvisé un concert pour les gens qui dansaient-là. Ils étaient fous. Ce qui est dommage, c’est, qu’en France, les professeurs de salsa segmentent tout, soit on danse la cubaine, soit on danse la portoricaine ou la colombienne. Là-bas, on s’en fout, on danse c’est tout ! Ici, il y a un côté performance que je n’aime pas. Au festival Django Reinhardt, vous danserez quelle que soit la salsa que vous aimez. 

Êtes-vous déjà venu en Seine-et-Marne ?

Oui, j’ai déjà joué au festival Django Reinhardt avec mon orchestre il y a très très longtemps. Je garde le souvenir d’un public très attentif, très à l’écoute, très ensoleillé. C’était super. Alors, cette année encore, on vous attend amoureusement !

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